Global Week Soil 2019: Des “digital natives” associés au…

Global Week Soil 2019: Des “digital natives” associés au combat

Un article par Dieudonné Edouard Sango

Placée sous le thème “Créer un environnement propice à une agriculture durable et résiliente aux changements climatiques”, la cinquième édition de la Semaine mondiale des sols (Global Week Soil) connait pour la première fois une participation spéciale de la jeunesse.

A chaque événement, la participation des jeunes est essentielle, et ce pour deux raisons. La première est directement liée à leur nombre, sachant qu’environ 70% de la population africaine ont moins de 30 ans. La deuxième se réfère au fait que la jeunesse se mobilise maintenant en faveur du changement social et demande de plus en plus à se faire entendre. Et ils ont en leur possession une arme solide: les TIC.

Dans tous les secteurs d’activités, et de nos jours, de plus en plus dans le secteur agricole, les TIC sont utilisées pour rendre le domaine « plus sexy » aux yeux des jeunes africains comme aime à le dire Inoussa Maïga, fondateur et directeur éditorial de Agribusiness TV. Généralement, la digitalisation de l’agriculture renvoie à l’optimisation soit de la production agricole, soit de la transformation ou encore de la conservation… Cependant, la tendance, de nos jours, est d’utiliser le pouvoir et la portée des TIC pour promouvoir l’agriculture et ses domaines connexes surtout auprès des jeunes ; et cela se fait le plus souvent par leur pair.

Ainsi, dans la vision de créer un environnement propice à une agriculture durable et résiliente aux changements climatiques de manière inclusive, il s’est tenu en prélude à la conférence les 25 et 26 mai, la Youth in Soil Event, « une initiative visant à rassembler 13 jeunes Africains originaire de 7 différents pays pour les former sur l’importance de la Semaine mondiale des sols et sur le thème central » explique John Agboola, facilitateur de la Youth in Soil Event. L’idée c’est de voir « comment les jeunes peuvent être impliqués particulièrement en utilisant leurs expériences et compétences pour communiquer les résultats scientifiques sur médias sociaux pour plus d’impact » précise-t-il. Durant ces deux jours, ce sont donc des jeunes avides de savoir et entièrement engagés pour la cause de l’agriculture qui ont bénéficié d’un renforcement de capacité en microblogging et en blogging ; ce qui va leur permettre la couverture de l’évènement sur les réseaux sociaux.

Un engagement intense

Alors que la majorité de leurs pairs qualifient l’agriculture comme un métier salissant, les Youth in Soil, quant à eux, adhèrent à la philosophie de Clotaire Ouédraogo, coordonnateur pays du Programme de développement des terres arides au Burkina Faso, selon laquelle « Le facteur de production le plus déterminant c’est le capital foncier ; donc le sol. Quand ce sol n’offre pas des capacités de production, il ne peut pas faire vivre ceux qui s’y trouvent ; non seulement les humains, mais aussi l’environnement… ».

Ainsi, Nellie Kanyemba Kapatuka du Malawi exprime assez clairement son engagement : « J’ai l’impression d’avoir un rôle majeur à jouer en ce qui concerne la conservation et la gestion des sols et tout ce qui concerne l’environnement » affirme-t-elle. « Venant d’un pays qui a été durement touché par les changements climatiques, j’ai le sentiment que la Semaine mondiale des sols est une plateforme très importante pour apprendre et pour avoir de nouvelles idées sur la meilleure façon d’exercer une influence et d’être un agent de changement sur les problèmes qui touchent mon pays ». Et à Sally Kimathi du Kenya de préciser qu’il est temps « de faire entendre la voix des jeunes, surtout les jeunes agriculteurs qui ont beaucoup à faire dans le secteur agricole ». Ils constituent la plus grande part de la population des différents pays africains. Pour cela, « Ils devraient être entendus et leurs opinions prises en considération dans l’élaboration des diverses politiques les concernant directement ou indirectement » réclame Sharon Cheboi du Kenya.

A l’issue des discussions, ces jeunes engagés « se feront les champions du changement et travailleront avec d’autres jeunes Africains pour apporter des changements en matière de développement, notamment dans l’agriculture et le changement climatique » se montre confiant John Agboola.